Une nation de paysans

ROME, UNE NATION DE PAYSANS



Il faut savoir que Rome n'était qu'un village italien, donc un regroupement de paysans parmi tant d'autres. Comme dans tous les autres villages d'Italie, l'alimentation était basée sur l'agriculture. L'élevage tenait une place importante. Pourtant, les Italiens mangeaient très peu de viande. Ils élevaient surtout chèvres et moutons, dont ils tiraient lait et laine. Les vaches s'adaptaient mal au climat environnant Rome, et les porcs étaient considérés comme animaux impurs, dont la viande n'était qu'alimentation pour barbares.

On sait que le bétail servait de monnaie, aux débuts. Les premières véritables pièces de monnaies étaient rectangulaires, et représentaient un animal.

Sous la République, les paysans étaient les riches, qui étaient fiers de labourer leur terre, de récolter le fruit de leur labeur. Ils possédaient quelques terres qu'ils exploitaient seuls. Mais l'arrivée d'esclaves en Italie, avec les guerre, leur porta un rude coup. Pour rester parmi les premiers, ils devaient augmenter la taille de leurs parcelles et engager des esclaves.

L'armée était née de la nécessiter de protéger ces terres. Ceux qui possédaient des biens étaient logiquement chargés de les défendre. Les premières armées furent donc composées de propriétaires terriens, ayant assez d'argent pour s'acheter des armes.

Le premier Romain qui fit fortune sans posséder de champs était Marcus Licinius Crassus. Il achetait des immeubles, et louait les appartements à ceux qui y habitaient déjà. Comme la plupart des insulas comportaient des boutiques (voir le chapitre « la maison romaine »), il gagnait beaucoup d'argent. Les habitants de ses insulas travaillaient pour lui dans des ateliers et vendaient leurs produits dans ces boutiques. Crassus possédait presque 500 insulas à Rome. Sa fortune, la plus grande de toute l'histoire romaine, était évaluée à 200 millions de sesterces ( il fallait 400 sesterces (= ¤) par an pour vivre normalement, et l'on pouvait être sénateur lorsque l'on avait une fortune de 1 million de sesterces).

Crassus équipa à ses frais une armée, et l'entraîna lui-même en 71, lorsque Spartacus ravageait l'Italie. Il voulait ainsi montrer sa fortune. Il en profita pour montrer ses talents militaires en écrasant Spartacus dans les Pouilles.

De tout temps, les riches Romains possédaient des villas. D'abord de simples fermes, celle-ci devinrent progressivement de luxueuses maisons de campagne, pouvant loger 100, 200, 500, et jusqu'à 1000 esclaves, sans compter des gardes et des servants.

Marcus Tullius Cicero possédait 200 villas en Italie, où travaillaient presque 100 000 esclaves.

Après Crassus, plusieurs personnes suivirent son exemple. Le métier de fermier perdit toute sa valeur, et les riches préférèrent habiter à Rome, dans des maisons particulières, laissant les travaux des champs aux esclaves.

Mais la plupart des riches fuyaient Rome en été. Ceci parce que les pauvres laissaient traîner les déchets dans la rue et, avec la chaleur, Rome se couvrait d'une odeur immonde. Les riches partaient donc dans leurs villas, pour passer la saison.

Mais jamais les Romains n'oublièrent leurs ancêtres, qui savaient passer toute leur journée à travailler dans un champ, pour ensuite être toujours capable de se battre lorsque Rome le demandait.

Suétone, sous le règne de Néron, prononça plusieurs discours contre le repos du dimanche, récemment instauré, qui signifiait pour lui plus de travail pour les esclaves, et un encouragement à la fainéantise. Il disait partout que Rome savait, autrefois, se suffire à elle-même, alors qu'elle ne savait déjà plus cultiver la terre. Pour lui, il fallait relâcher les esclaves, et reprendre les outils. Il prévoyait la chute de Rome, si elle continuait à faire confiance à ses nombreux esclaves.

Pour cela, Néron le fit assassiner. Ce fut le dernier Romain qui comprenait l'importance des paysans.

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# Posté le lundi 16 octobre 2006 11:31

La première guerre punique

La première guerre punique
Les guerres puniques



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348 avant notre ère. Rome domine l'Italie centrale. Elle passe à l'assaut de l'Italie du sud. De l'autre côté de la mer Tyrrhénienne, Carthage, la ville la plus puissante de son temps, voit la jeune ville envahir la terre qu'elle convoite depuis des siècles. Elle propose alors à Rome une entente, pour se partager les terres d'Italie du sud et de la Grande-Grèce (territoire colonisé par les Grecs au sud de l'Italie). Rome, la jeune cité, se sent honorée qu'un peuple si vieux et si puissant lui demande une alliance. Elle accepte donc.

280 : L'Italie entière est sous la domination romaine. L'Etrurie est tombée. Il ne reste plus que la Grande-Grèce et la Gaule Cisalpine. Rome attaque Tarente, la plus grande et la plus prospère des villes italiennes. Pyrrhus, roi d'Epire, est appelé à l'aide par les cités de Grande-Grèce. Il débarque donc en Italie avec de nombreux éléphants et des dizaines de milliers d'hommes.

272 : Pyrrhus est enfin vaincu, son armée écrasée, Tarente préfère la reddition, et la ville est impitoyablement rasée. Rome s'occupe alors de Carthage : la cité n'avait pas répondu aux appels à l'aide des Romains. Lorsque Pyrrhus avait débarqué en Sicile, pour y libérer les cités grecques, Carthage n'avait pas prévenu les Romains qu'il s'y trouvait, ne l'avaient pas combattu. Ils avaient payé très cher son départ. Avec cet argent, Pyrrhus avait recruté plus d'hommes pour combattre Rome. Carthage décide alors, pour éteindre les polémiques, de fermer les eux sur la destruction de Tarente, et autorise Rome à prendre la Grande-Grèce.

266 : Rome propose un traité, fixant les limites d'expansion des deux empires. Les peuples bénéficiant du titre d'Alliés du Peuple Romain devront être laissés tranquilles par Carthage. En échange, Rome aidera Carthage à combattre les Numides. Carthage applaudit la proposition, félicita Rome, et l'on oublia qu'elle n'avait pas signé le traité.

264 : Carthage envahit la Sicile indépendante. Le peuple Mamertin, Allié de Rome, proteste contre l'invasion, et accuse Carthage de pillages sur son territoire. Rome demande alors le retrait des forces carthaginoises. Le Conseil carthaginois, se sentant humilié par ce misérable village italien qui prétend lui faire la leçon, écrase l'armée mamertine. Rome envoie des émissaires à Carthage pour ordonner le replis des troupes, sans quoi ce sera la guerre. Les émissaires sont raillés, humiliés.





La première guerre punique



Hamilcar Barca (la foudre), roi de Carthage, dirige l'armée carthaginoise. Le nom de punique vient du latin poeni, désignant les phéniciens. Voir le chapitre « Carthage, la vieille ennemie ».

Carthage était alors la première puissance maritime du monde. Sa flotte, grande de 500 navires, n'avait jamais connu la défaite. Hamilcar pensa alors qu'il faudrait tout miser sur la flotte. Il fortifia les côtes siciliennes, toutes les villes, et laissa la Sicile à son infanterie. Il mit toute sa flotte autour de l'île. Un navire s'échoua un jour en Italie. Il fut retrouvé par les Romains, qui le copièrent. Ils créèrent 150 navires en quelques semaines. Sans avoir jamais navigué, il apprirent comment piloter le vaisseau par l'étude du gréement, de la coque, etc. Avant même de mettre le premier navire à la mer, ils inventèrent le corbeau. Le corbeau était une passerelle d'environ 5 mètres de long, munie d'une pointe en fer, destinée à se planter sur le pont ennemi, pour immobiliser les deux navires. Les légionnaires montent alors à l'assaut du navire ennemi par la passerelle, tout en se protégeant mutuellement avec leurs boucliers.

Hamilcar, qui s'attendait à une bataille navale classique, où les navires man½uvrent pour éperonner l'adversaire, fut pris au dépourvu. Surpris par l'incroyable rapidité de la production de la flotte romaine, il n'avait pas fini ses défenses. La marine romaine perce le blocus, et une armée romaine débarque en Sicile (deux légions de 4800 hommes). Lors d'une tempête, 120 navires romains sombrent, alourdis par le corbeau, et surtout parce que les marins étaient encore en apprentissage. Le Sénat vote alors la construction de 500 quinquérèmes, qui seront construites en une année.

256
: L'armée carthaginoise étant en grande partie mobilisée en Sicile, le consul romain Atilius Regulus pense que Carthage n'est pas en mesure de se défendre sur son sol. Il débarque donc avec son armée (chaque armée romaine comptait deux légions, jusqu'en 218, soit 9600 hommes) en Afrique, non loin de Carthage. Mais les navires de transports sont coulés par des vaisseaux d'Hamilcar, et Regulus se trouve isolé. Encerclé par Hamilcar, il résiste une semaine, puis est contraint à se rendre. Son armée est égorgée, et sa tête est envoyée en cadeau au Sénat romain.

243 : La nouvelle flotte romaine, dirigée par le consul Lutatius Catulus, rencontre la moitié de la marine carthaginoise au large de Myles. Carthage perd ainsi un quart de sa flotte. Hamilcar commence alors à douter. Il fait construire de nombreux vaisseaux de combat.

242 : Le même Catulus dirige la flotte romaine de 500 quinquérèmes. Hannon arrive au large des îles Aegates avec 700 vaisseaux. Catulus perd la moitié de ses navires. Mais aucun navire carthaginois ne rentrera au port. Une partie est capturée, l'autre coulée. La même année, l'armée romaine en Sicile écrase une armée trois fois plus nombreuse. Hamilcar parvient à évacuer les survivants de son armée, à la faveur d'un orage, retournant en Afrique.

Rome prend toutes les places carthaginoises, s'empare des cités grecques, et écrase les peuples libres de Sicile.

241 : Le conseil carthaginois, sans l'accord du roi Hamilcar, décide de se rendre.

Rome demande :

-Que la flotte soit réduite à cent navires

-Que Carthage évacue toutes les îles de Méditerranée, sauf la Corse et la Sardaigne

-Que Carthage verse à Rome un tribut de 2200 talents (95 millions de francs) réparti sur 20 ans

-Que la ville combatte avec et pour Rome lorsque celle-ci en aurait besoin.

Le Conseil carthaginois accepta, malgré le refus catégorique du roi Hamilcar Barca, qui en conçut une haine contre Rome. Il entraîna alors son fils aîné, âgé de neuf ans, dans le temple de Moloch Baal, le principal dieu de Carthage, et lui fit jurer de tout mettre en ½uvre pour détruire Rome, de mettre cela au centre de toutes ses préoccupations. Hannibal Barca, fils aîné d'Hamilcar, jura, à l'âge de neuf ans, de détruire Rome.



La première guerre punique dura de 264 à 241 avant notre ère. Tout le reste de sa vie, Hamilcar prépara sa revanche. Il écrasa l'armée mercenaire (voir chapitre sur Carthage) qui assiégeait la ville, puis envahit l'Espagne. Il respecta cependant les traités, en laissant tranquilles les Alliés du Peuple Romain, et en ne dépassant pas le fleuve Ebre. À sa mort, il laissa l'un de ses généraux, Hasdrubal, régner, en attendant que Hannibal ne soit plus sage. Car le jeune prince, obsédé depuis l'âge de neuf ans par la promesse qu'il avait faite, voulait en finir, pour être libéré de son serment. Puis Hasdrubal mourut un an après. Hannibal monta sur le trône de Carthage. Comme les peuples ibériques s'étaient révoltés à la mort de Hamilcar, que Hasdrubal n'avait pas su les mater, il prit une armée et marcha sur l'Espagne.
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# Posté le jeudi 07 décembre 2006 15:42

Deuxième guerre punique

Deuxième guerre punique
LA DEUXIEME GUERRE PUNIQUE



264-241 avant J.C. La première guerre punique oppose le roi carthaginois Hamilcar Barca, « la foudre », à la flotte toute nouvelle de Rome. Après bien des déboires, dont la perte de 120 trirèmes lors d'une tempête en –252, en raison de leur poids, Rome triomphe sur le terrain préféré des Carthaginois, la mer, en 241 aux îles Aegates.

Le roi carthaginois fait alors jurer à son fils, âgé de 9 ans, de vouer une haine éternelle aux Romains.

240-237 : Les mercenaires à la solde de Carthage assiègent la ville, qui a refusé de les payer. La ville ne se rend pas, et sacrifie à Moloch tous les enfants de moins de dix ans. Le lendemain, les mercenaires lèvent le camp.

237-228 avant J.C. Rome annexe la Sicile et la Sardaigne, tandis qu'Hamilcar s'empare du sud de l'Espagne actuelle, l'Hispanie, et fonde Carthago Nova en latin, aujourd'hui Carthagène « la nouvelle Carthage ».

229 : Les Romains interviennent en Illyrie, où la reine encourage la piraterie contre Rome.

228 Hamilcar meurt et laisse le trône à son fils, Hannibal, qui avait combattu à ses côtés en Espagne.

220 : Rome domine toute l'Italie, des Pouilles aux Alpes. En outre, Sagonte se met du côté de Rome, qui a maté une rébellion des pro-carthaginois de Sagonte.



FORCES EN PRESENCE : Hannibal possède 50 000 fantassins, venus de plusieurs nations, et qui ne parlent pas la même langue. Chaque peuple est dirigé par un de ses chefs, et Hannibal ne peut être sûr de diriger l'armée entière, indisciplinée. Il emmène en plus 6000 cavaliers et 200 éléphants. À Zama, son armée ne comptera plus que 20 000 hommes. Les Romains peuvent mobiliser 500 000 soldats, grâce à leurs alliés en Italie, et près de 50 000 cavaliers. Le nombre de légions, de 4 est passé à 6 quelques années auparavant, chacune de 5000 hommes. Mais la majorité de ces légions se trouvent en Macédoine, les Romains étant intervenus dans l'invasion de la Grèce par la Macédoine. Les Romains doivent donc combattre sur deux fronts, et le roi Philippe de Macédoine profitera de cela pour annexer quelques territoires. La marine romaine compte 220 quinquérèmes, qui contrôlent la Méditerranée occidentale.







II- Hannibal :



Hannibal est né dans la famille des Barcides, c'est à dire la famille Barca en 250 avant J.C. Il est l'aîné d'une fratrie de trois enfants, trois garçons : Hannibal, Magon et Hasdrubal. En –241, son père lui fait jurer sur l'autel de Moloch Baal de vouer une haine éternelle aux Romains. Il combattit aux côtés de son père pendant la conquête de l'Hispanie et, à sa mort, celui-ci désigna un général du nom de Hasdrubal pour établir une régence, en attendant que son fils, âgé de 22 ans devienne plus raisonnable et apprenne à obéir.

Mais Hannibal prend le pouvoir un an plus tard et décide de réunifier les peuples hispaniques qui avaient profité de la mort d'Hamilcar et de la faiblesse de Hasdrubal pour se révolter. Par le traité de 226, il doit limiter son expansion au fleuve Ebro et accorder un statut spécial aux cités alliées de Rome, dont la plus importante était Sagonte, aujourd'hui Sagunto.

En juin 219 avant J.C., Hannibal sort de Carthago Nova à la tête d'une armée de 50 000 fantassins, environ 6000 cavaliers et 200 d'éléphants, après avoir réunifié tous les peuples au sud de l'Ebro, et marche sur Sagonte. Il lui faut 6 mois pour prendre la ville, défendue par les habitants qui se démenaient comme des diables, 6 mois d'un siège horrible. Le jour, les béliers et les catapultes détruisaient les murs, l'infanterie se jetait dans la brèche, étaient repoussés, revenaient, repartaient. La nuit, les Sagontins réparaient les murs, préparaient leurs armes pour le lendemain. Malgré tout, pièce par pièce, maison par maison, rue par rue, Hannibal avançait. La nuit, des murs étaient de nouveau édifiés là où les habitants étaient repoussés. Hannibal envoyait émissaire sur émissaire pour obtenir la capitulation, les suppliait de se rendre, car il estimait tellement leur bravoure qu'il ne voulait pas les massacrer. Mais les émissaires ne revenaient jamais en un seul morceau, qu'ils soient Carthaginois ou Sagontins infidèles.

Lors de l'assaut final, Hannibal reçut une javeline dans la cuisse et abandonna le combat. Le combat dura trois jours et deux nuits, une lutte acharnée, sanglante, le genre de bataille qui marque à vie quiconque y a participé, physiquement et mentalement. Les Sagontins furent tous massacrés.



III- L'intervention romaine :


Entre temps, les Sagontins étaient parvenus à envoyer des estafettes au Sénat, à Rome.

Là, personne ne voulut croire au siège de Sagonte par Carthage. En outre, ils étaient trop occupés par la campagne contre les pirates Illyriens. C'est après la chute de Sagonte, que les sénateurs se rendent compte du danger. Ils proposèrent d'envoyer les cinq sénateurs les plus respectables au Conseil carthaginois pour réclamer que le siège soit levé, que le jeune roi soit rappelé et déposé et que Carthage rembourse Rome et Sagonte, au nom de l'accord de paix signé par Hannibal même. Les ambassadeurs vont d'abord voir Hannibal à Carthago Nova. Celui-ci les expulse. Les sénateurs, dirigés par Quintus Fabius Maximus, se rendent alors à Carthage.

Bien que le Conseil ne reconnaisse pas Hannibal comme le roi, ils prirent un malin plaisir à railler les sénateurs, déclarèrent le siège de Sagonte comme valide, et renvoyèrent les sénateurs avec un message à lire devant le Sénat, déclarant la guerre contre Rome. Ils avaient deux excuses : Sagonte était dans la zone punique, selon le traité de 226, et Carthage n'a de toute façon pas signé le traité. Les ambassadeurs cherchent des alliés en Gaule, mais personne ne veut, prétextant que Rome ne veut qu'écarter la guerre de l'Italie. Un seul Carthaginois, Hannon, après le départ des Romains, proposa de faire ce que demandaient les Romains. Il ne fut pas écouté, mais le Conseil décida de faire revenir Hannibal.

Mais Hannibal ne revint pas. Le jeune roi laissa à son frère Hasdrubal la défense de l'Hispanie, avec 20 éléphants, 2500 cavaliers, et 20 000 fantassins.

Tiberius Sempronius Longus et Publius Cornelius Scipio partent, le premier en Afrique, le second en Hispanie, afin de couper les approvisionnements d'Hannibal. Celui-ci franchit les Pyrénées au col de Perthus, et longea la côte méditerranéenne en direction de l'est. Ceci parce que, depuis 241, Rome possédait l'hégémonie en méditerranée occidentale. Seules 150 quinquérèmes étaient sous le contrôle de Carthage, pour défendre la ville, et Rome veillait à leur usage. Il était accompagné de son frère Magon et de Maharbal, chef de la cavalerie.

A Avignon, en juillet, celui-ci lui permit d'anéantir une vaste armée gauloise en traversant le Rhône en amont et en prenant les Gaulois à revers tandis que l'infanterie traversait. La ville de Massalia appela Scipion à l'aide, et le consul débarqua dans le delta du Rhône avec trois légions. Hannibal décida de remonter le fleuve. Scipion envoie sa cavalerie, constituée de 900 hommes, pour harceler l'armée carthaginoise. En route, ces cavaliers se heurtent à 500 cavaliers numides, et les Romains s'enfuient, après avoir subi de lourdes pertes. Scipion marche sur Hannibal, avec ses légions, mais trop tard. Arrivé dans l'actuelle Auvergne, Hannibal fut réclamé pour juger un litige. Deux Allobroges se disputaient le trône d'une cité après la mort de leur père, et proposèrent des présents à Hannibal pour obtenir le trône. Hannibal choisit alors l'aîné, qui lui offrait le plus. Escorté par des Arvernes, guidé, et nourri, il arriva au pied des Alpes.




IV- La traversée des Alpes :



La traversée des Alpes par Hannibal est de loin le passage le plus célèbre de la deuxième guerre punique, même si aujourd'hui peu de gens savent comment elle se passa réellement, ni même son ampleur ou le but de la traversée.

Nous sommes en plein hiver de l'année 218 avant J.C. Une armée de presque 50 000 hommes est en marche pour envahir l'Italie. Seulement, les deux camps antagonistes considèrent les Alpes comme une frontière infranchissable, muraille telle que jamais aucun homme ne pourra ériger ou détruire. Hannibal entame l'ascension du col nommé aujourd'hui saint Bernard. Lors de la traversée, des hordes de guerriers montagnards belliqueux, issus d'un mélange entre les peuplades néolithiques et les envahisseurs celtes quelques siècles plus tôt, déferlèrent sur l'armée, combattant là où on ne pouvait être plus de deux ou trois côte à côte, provoquant des avalanches. Heureusement pour Hannibal, et un peu pour Rome aussi, qui ne serait jamais devenu ce qu'il était sans la victoire sur Hannibal, ces farouches guerriers venus tout droit du passé avaient peur des éléphants. Il suffisait que ces animaux soient assez régulièrement positionnés pour faire fuir les ennemis. Hannibal lutta contre ces barbares et parvint à piller leurs hameaux, afin de nourrir son armée, et à capturer des hommes qui lui indiquèrent une route censée faciliter la progression. Bien évidemment, la « route » était plus difficile que l'aurait été celle empruntée jusqu'alors. Les éléphants, pris de vertiges, paniquaient, piétinaient des cornacs, tombaient dans le vide en entraînant des dizaines d'hommes ; la glace empêchait de se tenir debout, et beaucoup glissèrent. En outre, le froid, la faim, les raids barbares décimaient les Carthaginois. Au bout de quelques semaines, une rumeur circulait dans l'armée : l'avant garde était en vue de l'Italie.

En effet, l'armée d'Hannibal était en vue des plaines fertiles qui longent le fleuve portant le nom de Pô, mais aucun chemin ne semblait permettre de descendre de cette falaise où ils se trouvaient. Il fallut trois jours pour que des éclaireurs découvrent un passage.

Pendant la descente, les soldats reprirent espoir. Ils pensaient avoir affronté le plus dur et avoir mérité le pillage de Rome. Mais la descente fut périlleuse. Les « marches » taillées par l'avant garde ne convenaient pas aux éléphant, et la glace faisait glisser hommes et éléphants. Chaque éléphant qui glissait entraînait les hommes devant lui. Pour l'avant garde, les hommes marchaient sur la glace, récemment posée sur de la vieille glace encore plus solide. Beaucoup tombaient. Pour tailler une « marche », il fallait environ une demi-heure. Enfin, au bout d'une longue route jalonnée par les cadavres, l'armée, qui n'était plus que l'ombre d'elle-même arriva sur le sol vert et chaud de l'Italie. Les soldats s'effondrèrent sur l'herbe. 20 000 fantassins, 6000 cavaliers et 40 éléphants arrivent au pied des Alpes.





V- La réponse romaine :




A Rome, la nouvelle de l'arrivée de l'armée carthaginoise sur leur sol jeta tous les Romains dans un grand trouble. Les sénateurs, ne pensant pas qu'une armée puisse traverser les Alpes, n'avaient pas appelé de soldats. Tous étaient terrorisés. Les hommes tenant des responsabilités essayaient de minimiser les possibilités d'Hannibal et vantaient les légions romaines, mais le peuple savait qu'Hannibal était dangereux, et qu'il irait jusqu'au bout. En temps de paix, Rome maintenait alors sur le pied de guerre six légions de 4800 hommes, soit 28 800 légionnaires. Chacun des deux consuls commandait trois légions. Pour beaucoup, cela suffisait.

Seulement, Hannibal rallia les Gaulois cisalpins, qui refusaient la présence romaine. Capoue, rivale économique de Rome, se montre favorable au Carthaginois. Les troupes qui combattaient en Sicile sont rappelée, l'expédition de Cneius Scipion en Hispanie reçoit un renfort de deux légions. Publius Scipion revient en Italie, pour affronter Hannibal.

Les trois légions de Publius Scipion traversent le fleuve Tessin sur un pont de radeaux, lorsque l'armée d'Hannibal arrive sur l'autre rive. Les avant-gardes combattent sans attendre le reste des troupes, ni aucun ordre, et les cavaliers numides chargent l'infanterie légère : les vélites. Ceux-ci s'enfuient. Le ruisseau, gonflé par les pluies d'hiver, détruit alors soudainement le pont. Le consul, Publius Cornélius Scipion, est gravement blessé, et son fils parvient à le sortir du combat. Tous les peuples gaulois, même Alliés de Rome, rejoignent la révolte, et chaque Gaulois veut offrir à Hannibal la tête d'un Romain, afin de lui montrer leur bonne volonté. En Sicile, la plupart des cités sont prêtes à passer à l'ennemi. Même la ville grecque de Syracuse, bien que son roi Hiéron reste fidèle à Rome. La flotte punique sort des ports pour conquérir la Méditerranée. Mais la marine romaine ne dépend pas des consuls, elle peut ainsi combattre sans voir ses effectifs diminués, et la flotte carthaginoise est réduite à 50 quinquérèmes. Dasius, général romain, livre la ville de Clastidium aux Carthaginois. Hannibal pense alors que même les Romains abandonnent leur peuple. Mais il ne s'agit que d'un cas isolé.

Le lendemain de l'arrivée à Rome de la nouvelle, le Sénat fit appel à 9400 citoyens pour former deux légions supplémentaires et 35 000 as, soit 1 400 euros si l'on convertit fut demandée aux plus riches des citoyens pour la levée et l'entretient de ces deux légions. Toutes les légions romaines se regroupent à Plaisance, sous le commandement de Tibérius Sempronius. Une bataille de cavalerie permet aux Romains de reprendre espoir.

Douze jours plus tard, deux jours avant l'arrivée de ces renforts, le camp est attaqué par les Carthaginois. La lutte tourne à l'avantage des Romains. Soudain, les Carthaginois et leurs alliés battent en retraite, poursuivis par les légionnaires désireux de venger leurs camarades morts sur les rives du Tessin. Ils se jettent dans les eaux glacées de la Trébie à leur poursuite, quand une volée de flèches déchire l'air. Comprenant qu'Hannibal les avait attirés dans un piège, les Romains qui voulurent faire demi-tour moururent gelés et épuisés. Les légionnaires tentèrent de rejoindre la rive, maintenant proche, d'où venaient les flèches. Ceux qui échappèrent aux flèches sortaient de l'eau épuisés par leur lutte contre le courant avec leur lourde armure, frigorifiés, parce que, d'après Tite-Live, le ruisseau charriait des glaçons, la neige tombait. Ces légionnaires se heurtèrent alors au gros de l'armée punique. En toute hâte, ils reformèrent leurs rangs pour la bataille. Ils furent éparpillés par la charge des éléphants. Lors de la guerre contre Pyrrhus, ils avaient découvert que si on lançait un javelot à un certain endroit, les éléphants s'enfuyaient. Les vélites parvinrent ainsi à repousser les éléphants. Hannibal lança alors son infanterie. Magon, avec 1000 cavaliers, prit les légions à revers. Le combat dura plusieurs heures. La supériorité numérique de l'armée punique lui permettait de lancer des troupes fraîches pour remplacer celles qui commençaient à fatiguer. Lorsque Hannibal décida d'envoyer toute son armée, les Romains ne soutinrent pas le choc et s'enfuirent. Ils furent massacrés par le froid, les flèches, la faim et la fatigue. Sempronius parvint à ramener 10 000 survivants dans la ville de Plaisance, sur les 30 000 qui avaient quitté la ville. En pleine nuit, le camp établi sous les murs de Plaisance fut attaqué et tomba, mais Plaisance résista. Hannibal dirige alors 60 000 hommes, surtout des Gaulois. Il traite bien les Italiens capturés, pour leur faire croire qu'il ne veut que les libérer du joug romain. Il passe l'hiver à Bologne.

A Rome, le lendemain, beaucoup craignaient que Hannibal n'arrive le soir même, et plusieurs familles fuirent la ville. Mais Rome devait encore subir la plus grande défaite de son histoire lors de la plus grande et la plus célèbre des batailles de l'Antiquité à Cannes, un an plus tard.






VI- Les deux plus grandes batailles :


Après la bataille de la Trébie, Hannibal décide d'empêcher les deux consuls Caius Flaminius, stationné à Arretium, aujourd'hui Arezzo et Cneius Servilius Geminus, ayant établi son camp sur la côte Adriatique de se retrouver en passant par la chaîne des Apennins et les marais étrusques. D'après la légende, le consul Caius Flaminius n'était pas allé saluer Jupiter avant de rejoindre son armée, et le taureau qu'il sacrifia en arrivant au camp s'enfuit, la gorge à moitié tranchée. En outre, Tite-Live insiste sur certains prodiges comme des tremblements de terre, des pluies de pierres à Rome même ; il dit que, en Sicile, des soldats virent leurs tuniques s'enflammer, que, dans un temple dédié à Mars, à Rome, une secousse fit mélanger des jetons et l'un d'eux tomba, sur lequel était gravée la phrase « Marvor (Mars) brandit sa lance ». Il parle de statues de loups dédiés à Mars qui se mirent à pleurer et à saigner, et raconte qu'un jour, un homme vit le taureau qu'il emmenait vendre au forum boarium partir au galop, gravir plusieurs étages d'une insula, et sauter dans le vide. Comme chacun était plongé dans ses pensées, une statue d'Hercule se mit à éclater de rire...

Hannibal franchit les Apennins sous une violente tempête, dans laquelle moururent les derniers éléphants. Après une horrible traversée des marais étrusques, de deux jours pendant laquelle il perdit un ½il et plusieurs centaines d'hommes, surtout des Gaulois cisalpins, indisciplinés, qui s'étaient ralliés à lui après les premières batailles, le roi carthaginois décida de pousser Flaminius à bout et le forcer à faire une erreur.

Il ordonna à ses troupes de s'éparpiller et de piller et brûler la riche campagne d'Étrurie. Pendant des jours, les Romains purent voir des troupes tuer, voler, brûler les champs, les villages. Flaminius savait que l'Etrurie était alors le grenier à blé de Rome, et ne supportait pas de rester là tandis que des barbares ruinaient l'Italie. Il donna donc l'ordre de se préparer au combat, sans attendre Servilius, qui arrivait. Pendant de nombreux jours, l'armée romaine poursuivit Hannibal, qui préférait ravager les territoires plutôt que de combattre.

Nous sommes en juin 217 avant J.C. Le consul fait établir son camp à proximité du lac Trasimène. Les éclaireurs répandent partout la bonne nouvelle : Hannibal n'est pas loin, le lendemain, chacun pourra venger sa patrie, sa famille, ses amis. La nuit vient, les hommes préfèrent se préparer à se battre que de dormir. La tension croît au fur et à mesure du temps qui passe.

Avant l'aube, Flaminius fait détruire le camp et prépare la colonne pour le combat, de l'autre côté du lac. Une blague faite par un soldat est reportée par Tite-Live : « écoute bien les canards pour éviter le lac et une traversée comme celle des marais étrusques : tu deviendrais borgne et on te prendrait pour un ennemi ». Ceci montre la bonne humeur des Romains à l'approche de ce qui devait être une grande victoire.

Afin d'arriver au camp ennemi, Flaminius fit passer son armée par un chemin étroit situé entre le lac et de hautes montagnes, sur la gauche des légionnaires, au nord-est du lac. Un épais brouillard empêchait de voir la taille de l'armée qui s'étirait pour emprunter le sentier. Tout d'un coup, une immense clameur couvre les sommets. Les Romains comprennent alors leur mauvaise posture. Ils attachent leurs casques, passent leurs boucliers au bras gauche et dégainent leurs glaives. L'armée d'Hannibal surgit de partout à la fois, sans ordre, sans discipline. Un Gaulois aperçoit le manteau écarlate du consul, et crie : «Voilà celui qui a détruit notre armée ! ». En effet, en 222, Flaminius avait écrasé une rébellion en Gaule cisalpine. Le Gaulois lança son javelot qui transperça le c½ur du consul. Les triarii, les soldats les plus expérimentés de la légion de l'époque couvrirent la fuite des hastatii et des principes, qui allèrent se heurter aux Carthaginois qui prenaient l'armée à revers ou allèrent se noyer dans le lac. Le combat était si rude que peu remarquèrent que la terre s'était mise à trembler, créant de grandes vagues sur le lac. 6000 hommes de la tête de colonne parvinrent à percer les lignes puniques, et partirent prévenir Rome. Maharbal les rattrapa et les fit massacrer Sur les 30 000 légionnaires, 15 000 perdirent la vie, 15 000 furent fait prisonniers. Hannibal ne perd « que » 2000 hommes.

Hannibal ne retrouva jamais le corps du consul, qu'il voulait honorer, et fit enterrer les morts. Maharbal partit ensuite à la rencontre de Servilius, et anéantit son armée à la bataille des marais de Plestia.

Les sénateurs décidèrent de réagir en votant l'état de crise et nommèrent Quintus Fabius Maximus, ancien consul, dictateur, et élirent Marcus Minucius Rufus au poste de chef de la cavalerie. A l'époque, quand le Sénat votait l'état de crise, il nommait un homme compétent, qui avait tous pouvoirs pendant six mois, et élisaient un chef de cavalerie qui était en fait le deuxième homme le plus influent pendant six mois. A la fin de la guerre, Fabius perdit le surnom de Maximus « le plus grand » au profit de Cunctator « le temporisateur », pour ce qu'il aura fait contre Hannibal. En effet, pendant sa dictature, le conflit contre le chef punique se transforma en une véritable guerre froide.

Fabius considérait qu'il fallait avant tout défendre Rome. Pour lui, les précédentes batailles étaient un signe que Hannibal n'était pas celui que l'on pensait, et il estimait qu'en le suivant, et en restant assez distant, en le laissant ruiner le pays sans rien dire, il finira par mourir de faim sur les terres qu'il aura lui-même brûlées, ou devra rentrer chez lui. Il fortifia Rome, et fit assurer la domination romaine sur la mer. Il fit construire une centaine de quinquérèmes, fit organiser des patrouilles maritimes. Il fait faire des sacrifices à tous les dieux, y compris Moloch Baal, le dieu de Carthage, qui demandait le sang d'enfants.

Hannibal choisit alors de changer ses tactiques de combat. Il équipe ses troupes d'armes romaines, et les organise non plus en phalange, mais en unités, comparables aux centuries romaines. Malgré tout, il échoue dans le siège de Spolète, et ses guerriers commencent à douter de sa stratégie à la romaine. Mais Capoue attend le moment favorable pour faire défection et rejoindre les Carthaginois. En Sardaigne, Hanspicora déclenche l'insurrection générale mais la marine romaine interdit aux navires puniques tout soutien aux insurgés. Servilius Geminus, avec deux légions, écrase le mouvement puis rallie Rome et renforce le dispositif de Fabius. En Espagne, Hannon est tué par Cneius Scipion, qui prend Tarragone. De là, Scipion appelle Publius Scipion, et recrute des mercenaires. Les Massaliotes donnent leur flotte de guerre aux deux Scipions, qui organisent le siège de l'Hispanie. En septembre 217, toute la partie de l'Hispanie au nord de l'Ebro redevient romaine.

En Italie, Hannibal pille la Campanie et le Samnium.

Mais Minucius considérait Fabius comme un faible, et obtint du Sénat, plus enclin au combat qu'à la patience, des pouvoirs analogues à ceux de Fabius. Les deux hommes décidèrent de diviser leur armée en deux, chacun recevant deux légions. Hannibal était enfermé dans les Pouilles, entre le détroit de Messine, Fabius et Minucius. Il attaqua ce dernier, qui était situé dans la plaine. Du haut de la montagne, Fabius aperçut que le combat tournait mal, et fit sortir ses légions. Lorsque Hannibal se vit encerclé, il ordonna la retraite, avant même que Fabius n'arrive. Le soir, Hannibal envoya 2000 b½ufs portant des fagots de bois enflammés qui leur brûlait la peau sur la route défendue par une centurie de vélite durant la nuit et les vélites, prenant peur, grimpèrent la colline et entendirent une longue marche. Le lendemain, Hannibal n'était plus dans son camp.

Il avait donné des ordres, afin que seule la villa de Fabius soit épargnée. Le Sénat crut alors que ce dernier était un traître, et le démirent de ses fonctions. Hannibal était soulagé d'avoir perdu un tel adversaire, mais en même temps peiné d'avoir ruiné la carrière d'un homme aussi intelligent, prêt à tant de sacrifices, et surtout si patient, si maître de lui-même et de ses soldats. Les Carthaginois passent l'hiver 217-216 à Gerunium. Hannibal envoie des émissaires à Carthage, pour recevoir des renforts, et de l'or. Mais le Conseil de Carthage refuse de risquer la vie de plus de soldats.

En Hispanie, les frères Scipion anéantissent les 40 quinquérèmes de Himilcon, qui constituent l'escadre hispanique. Hasdrubal est contraint de se replier en Lusitanie,pour regrouper ses troupes, et laisse les Romains piller le sud de l'Hispanie. 70 quinquérèmes puniques, toutes neuves, cinglent sur Pise, pour prendre la ville, et contraindre les Romains à séparer leur armée en deux. Mais Servilius les intercepte avec 120 vaisseaux, et les poursuit jusqu'à l'intérieur même du port de Carthage, les détruisant tous.

Le Sénat élut comme consuls Lucius Aemilius Paulus, dit Paul-Émile et Gaius Terentius Varron. Fabius conseilla à Varron de continuer sa stratégie, de sacrifier sa carrière pour la patrie, mais Varron refusa. Seul Paul-Emile voulut continuer la stratégie de Fabius, mais avec d'avantage d'escarmouches, pour épuiser encore plus les troupes puniques.

En hiver 216, le Sénat décida de lever quatre légions supplémentaires. Le peuple commençait à être fatigué de cette guerre : déjà les champs des environs de Rome étaient laissés en friche. Le Sénat demandait même aux citoyens non-propriétaires et à des hommes non-citoyens de défendre leur patrie.

D'après Tite-Live, c'est à ce moment qu'une « pluie de pierres en feu » tomba sur Rome, détruisant de nombreuses maisons, enflammant des temples et des boutiques. En outre, une tentative de débarquement en Afrique échoue. Hasdrubal reçoit un renfort de 4000 fantassins et 1000 cavaliers. Pourtant, le Conseil refuse qu'il reprenne l'Hispanie.

A ce moment là, les deux consuls étaient réunis dans le même camp, avec 80 000 fantassins et 6 000 cavaliers, la plus grande armée romaine jamais vue. Hannibal avait son camp de l'autre côté de la plaine dominée par la citadelle de Cannes, et comptait 50 000 soldats et 10 000 cavaliers. Les consuls dirigeaient l'armée à tour de rôle, un jour sur deux. Le 2 août 216 avant J.C., Varron, qui avait le commandement, fit donner l'ordre de se préparer à se battre. Les légions se rangent en ordre de bataille sous un soleil de plomb. Des rafales de vent soulèvent le sable. L'armée carthaginoise vient se stopper plutôt que se ranger en face. Les Romains constatent alors qu'ils sont coincés entre l'armée d'Hannibal et la rivière Aufide sur leur gauche, et que les rafales de vent propulsent le sable contre eux, ils ont du mal à voir, avalent du sable, s'irritent les yeux. Paul-Émile dirige la cavalerie, qui, bloquée entre la rivière et l'infanterie, ne pourra pas bouger ses chevaux.

Hannibal lance la charge et son avant garde est ralentie par les vélites. L'infanterie se recule, puis la cavalerie espagnole et gauloise charge la cavalerie romaine qui ne peut pas se défendre. Les cavaliers romains sont alors jetés à terre et combattent à pied, tandis que l'infanterie carthaginoise empêche les Romains d'avancer, sans combattre à proprement parler. Une trentaine de cavaliers romains parviennent à survivre en fuyant vers la ville. Paul-Émile appelle alors les légions à l'aide, et tente de les rejoindre avec une dizaine de cavaliers courageux, sans montures. Paul-Émile tombe de la sienne, touché par une balle de fronde.

Pendant ce temps, Varron a donné l'ordre à l'infanterie de charger. Mais le centre de l'infanterie carthaginoise fit mine de céder et renforça les ailes, qui se rabattirent sur les légions qui se retrouvèrent encerclés. Maharbal charge alors les groupes de soldats isolés, et achève l'encerclement des légions. Les Romains se retournent pour faire face à cette nouvelle menace. Alors l'infanterie et la cavalerie punique chargent en même temps, et les légionnaires ne peuvent pas se défendre.

45 000 Romains, Paul-Émile et 80 sénateurs perdirent la vie dans la bataille, la plus grande défaite de Rome.

Une seule légion échappe au massacre, une légion commandée par un Scipion, qui a refusé d'attaquer. Ils partent prévenir Rome de la défaite. Le soir, les Carthaginois retrouvent l'un des leurs vivant, sous un légionnaire qui, avant de mourir, lui avait arraché nez et oreilles et crevé les yeux avec ses dents, symbole de la détermination romaine. Pour les Carthaginois, 6700 hommes sont morts.






VII- Rome reprend les choses en main





A Rome, les armes déposées dans les temples, venu du butin des victoires furent prises afin de défendre la ville contre Hannibal.

Le chef de la cavalerie de ce dernier, Maharbal, proposa à Hannibal de le laisser faire et, le lendemain, ils dîneraient ensemble au Capitole. Hannibal préféra réfléchir, Maharbal lui dit alors : « tu sais vaincre Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de ta victoire ».

Le Sénat romain décida de lever une armée de volontaires esclaves au nombre de 8 000, qui pouvaient espérer devenir libre à la fin de la guerre. Des impôts supplémentaires furent levés. Les portes de la ville furent fermées pour empêcher le départ des citoyens, afin qu'ils combattent, les femmes durent rester chez elles, afin que leur peur ne contamine pas les « hommes courageux », et les forums furent barricadés afin d'empêcher les troubles. Un Gaulois, une Gauloise, un Grec et une Grecque furent enterrés vivants sur le marché à bestiaux : le premier et le dernier sacrifice humain romain, et des sacrifices sont fait à Moloch Baal, le dieu de Carthage.

Varron est à Canusium, non loin de Cannes, avec 10 000 soldats rescapés, après avoir traversé les lignes puniques, sans aucune perte, grâce à l'effet de surprise. Hannibal reste plusieurs jours pour vendre le butin. Il envoya dix légionnaires au Sénat proposer le rachat de 7 000 prisonniers au prix de 500 deniers par cavalier et 300 par fantassin. Le Sénat refuse, et les soldats retournent au camp ennemi se constituer prisonnier. Rome persévéra plutôt que se rendre comme l'eut fait n'importe quel autre peuple de l'époque. Mais les alliés se sont presque tous ralliés à Hannibal. Tite-Live dit : « le Sénat était pour Rome et le peuple se prononçait pour les Carthaginois ».

Magon annonça au Conseil de Carthage la victoire, et obtint un renfort de 12 000 fantassins, 1500 cavaliers et 20 éléphants. Il avait ordre de revenir en Italie par les Alpes, et de prendre les Romains à revers. Marcus Claudius Marcellus part pour Capoue, mais Hannibal le devance, et la ville s'ouvre devant le jeune roi. Capoue refuse par contre que l'on mobilise ses hommes. Toutes les cités du Sud, excepté les villes de Grande-Grèce, se rallient à Hannibal. Rome établit une garnison à Naples, et s'assure le soutient des villes du nord de la Campanie. Marcellus parvient à reprendre Nola à Hannibal. Celui-ci se prépare à passer l'hiver à Capoue. Fabius est rappelé à ses fonctions, et reprend sa tactique d'harcèlement. En Sicile, Hieronymos succède à Hiéron, mort à l'âge de 90 ans, et rallie l'île au vainqueur. La Sardaigne se révolte, pour devenir indépendante. En Gaule Cisalpine, les Gaulois anéantissent les 2 légions et les alliés de l'armée de Lucius Postumius Albinus, soit 25 000 soldats, dans la forêt Litana. En 215, le roi Philippe V de Macédoine propose une alliance avec Hannibal. 4000 fantassins puniques débarquent en outre en Italie et rejoignent le roi carthaginois. L'Italie du Sud tombe toute entière sous la domination punique. Cependant, 200 quinquérèmes macédoniennes, qui apportaient de l'argent, des vivres et des renforts à Hannibal sont coulées. Hannibal ne parvient pas à déclencher une bataille, et s'enferme à Capoue. Rome pense alors être en mesure de séparer son armée, et établit trois camps autour de Capoue. Des légionnaires débarquent en Macédoine, et chassent Philippe V de Grèce. 200 000 Romains sont sous les armes, depuis l'âge de 15 ans, jusqu'à 55 ans, des esclaves et des criminels. Hannibal propose une trêve, mais Rome refuse.

Entre 216 et 211, Hannibal et ses soldats s'abrutirent à Capoue. En 215, il proposa un accord avec la cité, où il envisageait de partager l'Italie entre Carthage et Capoue. En 214, il proposa l'idée d'un État en Italie du Sud dirigé par Capoue, et qui aurait dû entrer en vigueur un an plus tard. Peu à peu, toutes les villes italiennes redeviennent romaines. La même année, les frères Scipion reprennent Sagonte, et empêchent Hasdrubal de franchir l'Ebro pour porter secours à son frère. En 213, Tarente rejoint le camp d'Hannibal. En Sicile, les nobles se révoltent, prennent le pouvoir et appellent Rome. Mais Marcellus, en détruisant les dernières poches de résistance dans l'île, massacre des milliers de Siciliens. La Sicile entière se soulève de nouveau. Carthage en profite, et fait débarquer 25 000 hommes en Sicile. Marcellus met le siège devant Syracuse. La plupart des Carthaginois périssent de la fièvre, car ils avaient établit leur camp dans des marais, pour assiéger Marcellus. Bomilcar force la flotte romaine à Syracuse, avec 155 quinquérèmes, mais échoue. Archimède défend la ville.

En 213, l'Hispanie tombe aux mains des Romains.

En 212, le consul Marcellus reprit Syracuse. En effet, la ville était défendue par le célèbre Archimède. Selon la légende, il serait parvenu à enflammer beaucoup de vaisseaux romains avec des miroirs paraboliques et des loupes solaires géantes. Pendant ce siège, les Romains rassemblèrent plusieurs quinquérèmes deux par deux par un pont sur lequel ils mirent des tours d'assaut, afin de donner l'assaut par la mer. Quand la ville était en train de brûler, que les soldats romains la pillaient, un soldat trouva Archimède et, ne le reconnaissant pas, lui demanda où était Archimède, que Marcellus admirait tellement qu'il voulait l'épargner. Comme l'homme se taisait, le soldat le tua.

En 211, Rome châtia plusieurs peuples alliés révoltés. La Sardaigne est récupérée.

Hasdrubal parvient à vaincre les frères Scipion, qui périssent avec tous leurs hommes, et appelle Magon, qui s'apprêtait à rejoindre Hannibal. Il obtient des renforts du roi numide Massinissa. Il récupère toute l'Hispanie ; 12 000 Romains débarquent à la fin de l'année 211, et reprennent le nord de l'Ebro. Pendant ce temps, Hannibal décide d'attaquer Rome. Il se présente devant la porte Colline. Les Romains sortent, et un combat s'engage. Selon la légende, une forte grêle obligea alors les deux armées à se séparer. Le temps redevint alors bon. Hannibal prit peur, et retourna à Capoue. Mais il retrouva la cité dévastée, et chercha à reprendre Tarente, en vain. Hannibal obtient quelques victoires, mais subit aussi des défaites. Marcellus le bloque en 209, près de Tarente. Marcus Marcellus meurt cette même année 209, dans une embuscade d'Africains. Toute l'Italie se retourne vers Hannibal, mais Rome mate la rébellion. Malgré cela, un jeune tribun nommé Publius Cornelius Scipion prend Carthago Nova, en Hispanie.

En 208, Hasdrubal, frère d'Hannibal, traversa les Alpes en plein été avec des renforts. L'un des consuls, Lucius Salvinator, établit son camp avec 6 légions sur le Métaure, en face d'Hasdrubal ; l'autre, Claudius Nero, avec 6 légions, commandait le camp qui empêchait Hannibal de sortir de Capoue depuis plusieurs années. En secret, Nero quitta son camp pour rejoindre Salvinator à marche forcée. Les deux consuls se serrèrent dans le camp, afin que l'ennemi ne remarque pas que des renforts étaient arrivés. Mais les espions d'Hasdrubal remarquèrent des enseignes qu'ils n'avaient jamais vues. Hasdrubal était perplexe. Néanmoins, au matin, lorsque les deux armées se trouvèrent face à face, Hasdrubal vit les soldats fatigués et poussiéreux. Mais il ne pouvait plus abandonner la bataille. Il lança la charge. Mais Nero, qui dirigeait l'armée ce jour là adopta la technique d'Hannibal à Cannes. Hasdrubal fut, selon Tite-Live, le dernier survivant carthaginois qui combattait encore vaillamment. Peu après sa mort, des légionnaires aperçurent deux ou trois cent cavaliers ennemis s'enfuir. Nero refusa de les poursuivre, afin que les Carthaginois et leurs alliés sachent ce qu'il en coûte de tuer des citoyens romains. 56 000 Carthaginois perdirent la vie. La tête tranchée d'Hasdrubal fut jetée par-dessus le parapet du camp d'Hannibal, qui n'avait pas soupçonné que le camp ennemi qui l'empêchait de quitter la ville était vide.

Magon, frère d'Hannibal, revient en Italie avec 15000 hommes, et détruit Gênes. Philippe de Macédoine signe la paix avec Rome. Pendant trois ans, Magon tient Rome en échec, mais ne parvient pas à rejoindre Hannibal.

En 204, Publius Cornélius Scipion, le tribun d'Hispanie, élu consul, part du port d'Ostie vers l'Afrique avec 30 000 hommes, et débarque à Utique. Scipion et Massinissa, qui s'est rallié à Rome, affrontent Hasdrubal, fils de Giscon, ami intime d'Hamilcar et Syphax, autre roi numide. Au printemps 203, Scipion parvient à vaincre ses deux ennemis, prend Utique et marche sur Carthage. Le Conseil demande alors la paix, et rejette la faute sur Hannibal. Mais Scipion dit que la paix ne pourra être faite tant que Carthage n'aura pas autant souffert que Rome.

En 203, Hannibal fut rappelé à Carthage. Magon tente une dernière fois de le rejoindre, et meurt en route, lors d'une bataille. Sur le bateau qui le ramenait chez lui, le roi carthaginois était plein d'amertume. Il disait que si Scipion était parvenu là, c'était parce que son pays avait résisté, lui avait tout donné, avait posé sur lui tous ses espoirs. Il regrettait que Carthage n'ait pas fait de même avec lui, au point qu'il regretta de ne pas être né à Rome.

En automne 202 avant J.C., les deux armées commandées par Hannibal avec 40 000 hommes et 40 éléphants et Scipion, qui devait recevoir plus tard de surnom de l'Africain avec 30 000 hommes se tenaient face à face sur la plaine aride de Zama, à moins de 30 kilomètres au sud de Carthage. Les deux généraux s'avancèrent pour se parler. Hannibal, qui se rendait compte de l'état déplorable de ses troupes, voulait la paix. Pendant quelques minutes, aucun des deux ne parlaient : ils s'intimidaient mutuellement. Enfin, Hannibal proposa que chacun rentre chez soi, et que Carthage paie un tribut à Rome. Scipion dit qu'il était là pour venger les morts romains, et qu'il anéantirait l'armée carthaginoise.

La bataille commença. Tout d'abord, Scipion détourna la charge des éléphants en faisant tout d'un coup sonner toutes les trompettes. Les éléphants firent demi-tour et piétinèrent les Carthaginois, avant que les cornacs ne les arrêtent en leur enfonçant un pieu dans la nuque. Le combat fut rapide. 20 000 Carthaginois restèrent sur le terrain, 20 000 furent faits prisonniers.



VIII- Bilan



Carthage, vaincue, fut contrainte de payer un tribut exorbitant, qu'elle finit de payer trois mois avant que Rome ne décide d'anéantir la ville, en 149. En outre, tous les vaisseaux furent détruits et la moitié de l'armée fut démobilisée. Hannibal fut rappelé par Rome pour diriger Carthage, mais il dut s'exiler en Syrie, où il convainquit Antiochus de déclarer la guerre à Rome. Ceci parce que les Alliés de Rome s'inquiétaient du redressement de la cité. En 183 avant J.C., les Romains encerclent sa maison, après avoir vaincu Antiochus. Hannibal se suicide alors en avalant du poison.

Les alliés infidèles de Rome furent exclus du droit du sol et furent dispersés. Le Sénat, qui s'était montré si persévérant et avait fait tant de sacrifice devint plus important que jamais.

Certains hommes qui s'étaient mis en valeur durant la guerre reçurent richesse et prestige personnel, ce qui n'aurait pas dû arriver avec l'idée de la démocratie à l'époque. En outre, Rome avait été contrainte de faire un immense effort financier, avec l'apparition du denier, une valeur fixe de la monnaie, et bien sûr le coût de la guerre. Celui-ci était tellement élevé que Rome dut emprunter à ses citoyens et faire une demande de dons.

Mais les alliés restés fidèles ne reçurent pas le statut de citoyens romains qu'ils désiraient. Capoue fut rasée, ses habitants dispersés et ses responsables exécutés.

La Macédoine, qui avait aidé Hannibal fut vaincue et dut payer un tribut.

Ainsi, Rome devint la maîtresse incontestée dans tout le bassin méditerranéen, au point que Polybe, ami de Scipion après avoir été son prisonnier de guerre écrit : « Les Romains, eux, ont forcé non pas quelques contrées mais presque tous les peuples de la terre à leur obéir, si bien qu'il n'est personne aujourd'hui qui puisse leur résister et que, dans l'avenir, nul ne peut espérer les surpasser ».
# Posté le jeudi 07 décembre 2006 16:24

La République est en danger

La République est en danger



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I-Les grands hommes du Ier siècle


Scipion Emilien, né en 185, mort en 129. Après avoir rasé la ville de Carthage en 146, il envahit l'Espagne. En 133, il détruit Numance, après un très long siège sanglant, annexant toute l'Espagne à l'empire romain. Mais son admiration pour la Grèce se heurta au conservatisme de Caton l'Ancien, qui le fit chasser de Rome.



Les Gracques, tribuns de la plèbe, ils voulurent instaurer des réformes agraires, distribuant des terres aux petits paysans, aux dépens des sénateurs qui n'exploitaient que très peu leurs immenses domaines. Ils furent assassinés, l'un par un esclave, l'autre par un membre de la famille Scipion : Scipio Nasica Serapio, en 133.



Sylla, né en 138 et mort en 78. Il combattit aux côtés d'un grand général, Marius, et vainquit Jugurtha, prince numide, en 105. Avec Marius, il vainquit les Cimbres et les Teutons en 101. En 88, Marius l'ayant éloigné, il envahit Rome, puis alla vaincre Mithridate en 86. Il revint, massacra les partisans de Marius qui avaient récupéré Rome, puis devint dictateur à vie en 82. il fit dresser des listes d'opposants à éliminer, dont César, neveu de Marius, avant d'abdiquer sans raisons en 79. Il prit sous son aile un plébéien brillant et plein d'avenir : Pompée.



Marius, né en 157, mort en 86, était l'un des plus grands généraux de son époque. Il vainquit Jugurtha en 105, les Cimbres et les Teutons, qui avaient envahi la Gaule et menaçaient l'Italie, en 102 et 101. Pour ce faire, il réorganisa l'armée, donnant la citoyenneté à la sortie de l'armée et un équipement gratuit. Les légionnaires portaient désormais eux-même leurs bagages, pour accélérer la marche, et furent surnommés les « mulets de Marius ». Pendant que Sylla se trouvait en Orient, Marius revint à Rome et massacra les partisans de Sylla. Il mourut en entamant son septième consulat.



Cicéron est né en 106, et meurt en 43. En 75, il devient questeur de Sicile. Les Siciliens lui demandent, en 70, de les défendre contre Verrès, propréteur de la province, qui l'avait véritablement pillé, lors d'un procès. Comme Verrès s'enfuit avant le procès, Cicéron ne peut prononcer ses discours. Il les publie donc dans un recueil, les « Verrines ». Cicéron devient consul en 63. Un soir, un homme tente de le poignardé, mais Cicéron parvient à se défendre. Le lendemain, devant le Sénat, il prononce le premier « Catilinaire », discours dénonçant la conjuration de Catilina contre la République. Celui-ci quitte Rome dans la journée. Trois autres Catilinaires sont prononcés par l'orateur, qui entraînent l'emprisonnement puis l'exécution des partisans de Catilina, ainsi que la déclaration d'ennemi public pour Catilina. En 58, César le bannit de Rome, il part en Grèce, d'où il revient en 57, à la demande de Pompée. Cicéron fut du côté de Pompée jusqu'à Pharsale, puis il se rallia au vainqueur. En 44, il prononça les quatorze Philippiques, discours contre Antoine, l'accusant de vouloir devenir roi à la mort de César. Selon lui, César était mort pour sa volonté de devenir roi, car les dieux voulaient conserver la République, et il fallait se servir de cet exemple pour restaurer la démocratie. Il se fit alors proscrire, puis assassiner par l'alliance entre Marc-Antoine et Octave.



Catilina, né en 108, est mort en 62. Il s'agissait d'un aristocrate ruiné qui, en 66, fut battu aux élections consulaires. Il en voulut à Cicéron, qui n'était qu'un plébéien, et pourtant avait plus de pouvoirs que lui. Il tenta de le faire assassiner en 63, mais échoua. Le lendemain, il fut contraint de fuir par un discours de Cicéron. Il leva une armée, et fut vaincu, puis tué en 62, près de Pistoia, par Marcus Pétréius, général de Pompée.



Crassus, né en 114, est mort en 53. Il s'agissait de l'homme le plus riche de Rome. En 71, il mit fin à la révolte de Spartacus, et fit crucifier 6000 esclaves ayant survécu au massacre. En 60, il forma secrètement, avec César et Pompée, le premier triumvirat. Il était le seul à pouvoir calmer les nombreuses discordes entre ses deux alliés, qu'il entretenait grâce à son argent. En 53, il voulut obtenir une gloire telle que César était en train de se créer, et tenta d'envahir la Parthie. Son armée fut défaite à Carrhes, plus grand massacre de Romains après Cannes (40 000 morts). Suréna lui donna la mort en lui faisant avaler de l'or fondu.



Pompée, né en 106, mort en 48, apparaît sur la scène politique en 77. Il était, auparavant, le plus fidèle des amis de Sylla contre Marius. Entre 77 et 71, il pacifie l'Espagne, puis devient consul avec Crassus en 70. Il détruisit tous les pirates de Méditerranée, annexa le Pont, la Syrie, l'Asie Mineure, Jérusalem. En 60, il fit partie du triumvirat. Après la mort de Crassus, le Sénat le nomme consul unique, ordonnant à César de rentrer à Rome en simple citoyen. Celui-ci franchit le Rubicon en 49, frontière entre l'Italie et la Gaule, et contraint Pompée à fuir en Grèce. Vaincu en 48 à Pharsale, il fuit en Egypte, où Ptolémée XIII lui est favorable. Achillas, général en chef égyptien, l'égorge dans la barque qui le menait à terre.



César est né en 100, et est mort en 44. Neveu de Marius, il est contraint de fuir Rome en 82. Revenu en 79, il forme le triumvirat en 60. En 58, il reçut le gouvernement de l'Illyrie et des Gaules Narbonnaise et Cisalpine. Couvert de dettes, il envahit la Gaule entre 58 et 51. En 53, sa fille Julia, mariée à Pompée, étant morte, les deux hommes se brouillent. César, en 49, refusa de laisser son armée, et franchit le Rubicon. Il poursuivit Pompée en Grèce, le vainquit à Pharsale en 48. Il le pleura, lorsque l'on lui amena sa tête tranchée, en Egypte. Il écrasa les partisans de Pompée à Thapsus, Munda, Lérida. Ptolémée XIII lui déclara la guerre, et le rejeta d'Alexandrie, lors de la bataille sur le môle et le phare. Pendant cette bataille, César avait fait brûler la flotte ennemie, pour se ménager une chance de fuite, et l'incendie gagna la célèbre bibliothèque. Sur ses deux mille hommes, aucun ne survécu. Sous le poids de tous les combattants, la galère amirale de César sombra, et le général rejoignit une barque à la nage, pour rentrer à Rome. Il gagna néanmoins la guerre, et installa Cléopâtre et Ptolémée XIV sur le trône. En 45, il fut nommé dictateur à vie. 23 sénateurs le poignardèrent en plein sénat, le 15 mars 44, une semaine avant le début de sa campagne contre les Parthes, de peur qu'il ne les vainque et devienne trop puissant, capable de devenir roi.



II-Les événements




146 : Carthage est détruite par Scipion Emilien, la Macédoine est écrasée à Pydna par Paul-Emile, qui annexe aussi la Grèce.

133 : Par testament, le roi de Pergame lègue pacifiquement son royaume à Rome, Scipion Emilien écrase les Espagnols à Numance, après un siège long au point de construire des murs et des camps en pierre plutôt qu'en bois.

133-123 : Tibérius Gracchus, élu tribun de la plèbe, propose une réforme agraire. Il est assassiné par Scipio Nasica Serapio en 133. Son frère, Caïus, reprend ces réformes quelques années plus tard. Il est assassiné par un esclave dans une ruelle.

105 : Marius bat le prince Numide Jugurtha

103 : Les Cimbres, les Teutons et leurs clients envahissent la Gaule. Le Sénat envoie des généraux pour rétablir l'ordre avant l'entrée des Germains en Italie, mais ils se font tous défaire.

102 : Marius repousse les Teutons d'Italie, et les massacre jusqu'au dernier.

101 : Marius massacre les Cimbres.

90 : La citoyenneté est étendue à tous les hommes libres d'Italie. Ceci parce que ce sont les citoyens qui paient les impôts, alors que Rome manque d'argent, et que ce sont eux qui se battent. En outre, ils la réclamaient depuis la fin de la deuxième guerre punique.

88-85 : Sylla bat Mithridate, roi du Pont, reconquiert Grèce et Asie Mineure révoltées.

86 : Marius meurt

82 : Sylla somme César de répudier Cornélia, sa femme, fille du plus fidèle lieutenant de Marius, mais César refuse. Sylla devient dictateur à vie, dresse une liste d'opposants que tout citoyen se devait de tuer s'il le rencontrait, et parmi eux, César.

80-73 : Sertorius, Espagnol, se rebelle contre Rome, puis se fait vaincre par Pompée.

73-71 : Spartacus et les gladiateurs de Capoue se révoltent. La rébellion attire des dizaines de milliers d'esclaves, et écrase plusieurs armées romaines. Crassus l'écrase en hiver 71, près du détroit de Messine, où Spartacus attendait des pirates censés le faire passer en Afrique, pour rentrer chez lui. Spartacus ne sera jamais retrouvé, et les 6000 esclaves survivants seront crucifiés sur le bord de toutes les routes sortant de Rome.

64 : Pompée annexe la Syrie à l'empire.

63 : Conjuration de Catilina. Dénoncé par Cicéron, Catilina fuit, ses partisans sont exterminés. Lui-même est tué à Pistoia, où il levait une armée.

61 : Le Germain Arioviste envahit la Gaule, les Gaulois font appel aux Romains.

60 : Crassus, Pompée et César forment en cachette le premier triumvirat.

58-51 : César envahit la Gaule.

53 : Crassus est tué près de Carrhes, avec 40 000 légionnaires. Ce désastre marque la fin de la volonté romaine de gouverner la Parthie.

52 : Le Sénat ordonne à César de rentrer à Rome en simple citoyen.

51-49 : César fait « couler un fleuve d'or » entre la Gaule et Rome, pour rembourser ses dettes, et pour se payer des partisans. Ce geste agace les sénateurs.

49 : César franchit la frontière entre la Gaule Cisalpine et l'Italie : le ruisseau nommé Rubicon. « Alea jacta est » : « Le sort en est jeté » sera la phrase qu'il prononcera en cet instant. Le sénat et Pompée fuient en Grèce, car aucune armée n'est stationnée en Italie. César vainc plusieurs villes, et s'empare du pays, avant de partir en Espagne. Il dit : « Je combats d'abord une armée sans général, avant d'attaquer un général sans armée ». Sur la route, il met le siège devant Marseille, et prend la ville, difficilement, malgré les ruses et les tromperies de l'ennemi. En Espagne, César bat Afranius et Pétréius à Lérida, puis poursuit Pompée en Grèce.

48 : Curion débarque en Afrique, et obtient plusieurs victoires sur les pompéiens, avant de se faire massacrer par Juba, roi Numide allié à Pompée. A Pharsale, César vainc de justesse les troupes de Pompée, qui ont frôlé la victoire en chargeant, et Pompée, déguisé en marchand, fuit en Egypte. Il est massacré à quelques mètres de la côte égyptienne par Achillas, général en chef des armées de Ptolémée XIII, qui veut plaire à César. César, lorsque l'on lui présente la tête de son ennemi, se met à pleurer.

45 : César débarque en Afrique. Lorsque, sortant du bateau, il trébuche, il dira « Afrique, je te tiens ! ». Victoires de Munda en Espagne, à Thapsus en Afrique sur les Pompéiens Scipion et Sextus Pompée, fils de Pompée, ainsi que Juba. César retourne en Egypte, mais Ptolémée lui déclare la guerre. César, voulant se ménager un espoir de fuite, fait brûler la flotte égyptienne, dont les flammes gagnent la célèbre bibliothèque, qui contenait des centaines de manuscrits uniques, irrémédiablement perdus. Achillas attaque César, qui avait pris position sur la jetée et l'île de Pharos, c'est à dire le phare d'Alexandrie. Les 2000 légionnaires reculent, et montent à bord du navire amiral de César. Sous le poids, celui-ci se renverse et coule. César gagne une barque à la nage, et rentre à Rome. Il écrase finalement Achillas, et tue Ptolémée XIII, sur la demande de Cléopâtre VII, sa s½ur, qui obtient le trône. Il réprime une révolte de Pharnace, fils de Mithridate, dans le royaume du Pont. Après une victoire facile, il dira « Veni, vidi, vici » : « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu ». César obtient le titre d'imperator, c'est à dire chef des armées. Nommé dictateur à vie, et Grand Pontife, il réorganise le calendrier, sur les conseils des mages alexandrins, et l'Etat. Il met en place les réformes des Gracques. Son triomphe est le plus monumental de l'histoire, et dure trois jours et trois nuits.

44 : César refuse publiquement la couronne des anciens rois de Rome que lui tendent ses officiers, pour montrer qu'il ne veut pas être roi. César prévoit une campagne contre les Parthes, pour venger Crassus, et les nombreux généraux qui ont été massacrés en Parthie. Une semaine avant son départ, César, malade, est appelé par Brutus, le fils de sa 3e femme, pour une réunion imprévue du Sénat. Sur la route, un homme tend un rouleau à César, pour le prévenir d'un complot sénatorial dirigé contre lui. César déroule le parchemin, mais un sénateur l'apostrophe, pour lui dire qu'il est arrivé, et il met le rouleau de côté. Il entre dans la Curie. Son plus fidèle lieutenant, Marc Antoine, est retenu à l'entrée par un sénateur, qui dit vouloir l'entretenir d'une chose importante. César entre donc seul. Chose curieuse, il ne compte qu'une quarantaine de sénateurs. Il prend néanmoins place sur le trône d'or qui fait face aux bancs des sénateurs. L'un d'eux s'approche, et le prie de faire revenir son frère d'exil. Devant le refus de César, il lui donne un coup de couteau dans la joue. César court alors pour sortir, mais il se trouve entouré. Il meurt de 23 coups de couteaux, un par sénateur. Les autres s'enfuient. Selon la légende, il aurait dit, en voyant Brutus s'avancer vers lui avec un couteau, la phrase « Toi aussi mon fils ». La tradition veut que cette phrase aie été dite en Latin, mais il est plus probable que ç'ait été du Grec, car César, comme tous les enfants riches, avait appris le Grec avant le Latin.

Marc Antoine fait alors un discours violent sur les Rostres, accompagné du corps de César, et brandissant son manteau ensanglanté, devant une statue de cire présentant les blessures de César. Le peuple se déchaîne alors, et plusieurs maisons sont brûlées. Cinna, frère de l'un des conjurés, bien que fidèle au dictateur, est frappé à mort, car confondu avec son frère.

43 : Marc Antoine, devenu Antoine, Octave, neveu de César, et Lépide, fondent le deuxième triumvirat.

42 : Antoine et Octave massacrent l'armée levée par Cassius et Brutus à Philippes. Les deux hommes se partagent l'empire : Antoine l'Orient, Octave l'Occident, et Rome. Lépide obtient l'Afrique, mais il préfère abdiquer en faveur d'Octave. Octave et Antoine se brouillent.

42-31 : Antoine épouse Cléopâtre, devenant ainsi roi, et Octave se sert de cela pour gagner le Sénat à sa cause, contre Antoine. Celui-ci échoue dans une invasion de la Parthie. Octave l'attaque.

31 : Au large du promontoire d'Actium, en Grèce, les flottes égyptienne et romaine se rencontrent. Très vite, Antoine et Cléopâtre s'enfuient. Lors de cette bataille, Octave dira la phrase célèbre « Nunc est bibendum » : « C'est maintenant qu'il faut boire ». Antoine se jette sur son épée, après avoir entendu dire que son épouse s'était suicidée. Celle-ci, le trouvant mort, fait demander un panier contenant un aspic, dont la morsure est sans douleur, la mort rapide et douce, et se laisse mordre.

Octave se présente alors comme le restaurateur de la République.

27 : Le Sénat donne à Octave le titre divin d'Auguste et les pleins pouvoirs. Il devient le princeps, c'est à dire le premier citoyen, traduit par prince. Sous couvert de légalité, il devient roi, et fonde l'Empire. Il ne s'agit plus d'empire au sens « terres », mais d'empire comme mode politique. Cela, acclamé par les Romains, qui haïssaient pourtant la monarchie.

Les armées romaines furent invaincues, entre 27 av JC et 9 après JC. Partout, l'empire s'étendait. En l'an 9 de notre ère, Varus fut massacré, avec trois légions entières, dans la forêt de Teutobourg, en Germanie, par un peuple allié, qui le guidait vers un peuple rebelle. Les légions furent assaillies à un moment où elle ne s'y attendaient pas. Le combat dura trois jours. Aucun Romain ne survécut, aussi aucune de ces trois légions ne fut relevée, leurs numéros furent rayés de l'armée. Auguste, qui comptait mettre la frontière sur l'Elbe, dut se replier sur le Rhin. Il instaura alors la célèbre paix romaine qui enrichit l'Europe. En 14, en mourant, Auguste laissa le pouvoir à son fils adoptif, Tibère. Les gens comprirent alors, mais trop tard, que la République était morte.
# Posté le mardi 06 mars 2007 12:38

Troisième guerre punique

Troisième guerre punique
La troisième guerre punique



149 avant JC. Carthage vient de terminer de payer les 10 000 talents qu'elle devait donner à Rome à la suite de la deuxième guerre punique, soit 275 millions de francs. Carthage, n'ayant plus rien à payer, recommence à prospérer.

Massinissa, roi Numide ayant aidé Rome pendant la deuxième guerre punique avait été autorisé à prendre des terres sur l'empire de Carthage, dès qu'il en aurait besoin. Ainsi, il grignotait année après année le territoire carthaginois. Pendant des années, le Conseil de Carthage se plaignit au Sénat romain de ces agissements, mais Rome n'en avait cure. Elle aimait à voir ce puissant ennemi rongé par un peuple allié en apparence moins fort. En 149, Carthage comprit que Rome ne ferait rien, et qu'il fallait se débrouiller tout seul. La ville créa donc une armée, forgea des armes, recruta des soldats. Elle parvint à repousser Massinissa, et à récupérer tout son empire de 219, sans l'Espagne. Massinissa s'en plaignit à Rome. Le Sénat, outré, envoya à Carthage des émissaires, dont Scipion Emilien, fils adoptif de Scipion l'Africain. Celui-ci demanda au Conseil carthaginois :

-de détruire l'intégralité de la flotte de guerre

-de donner à Rome absolument toutes les armes.

Carthage accepta et remis armes et navires à Scipion. Celui-ci revint alors au Conseil, avec des ordres du Sénat arrivés peu avant. Les Carthaginois devaient :

-détruire la ville

-s'en aller fonder une cité loin de la côte

-reconnaître Rome comme puissance mondiale et laisser ses légions les défendre.

Le Conseil refusa, car un peuple de marchand tel que Carthage ne pourrait jamais survivre loin de la mer sans la misère. En outre, demander à Rome de défendre les Carthaginois lorsqu'ils seraient attaqués serait stupide, puisque le seul peuple en cette partie de l'Afrique était le peuple numide, allié à Rome. Le temps que les émissaires arrivent à Rome, que les légions arrivent en Afrique, la cité serait déjà détruite. Scipion alors leur somma d'accepter, sans quoi se serait la guerre. Les Carthaginois ne purent que refuser une nouvelle fois.

Les émissaires rentrèrent à Rome. À Carthage, on assista alors à un formidable élan national. Les femmes offrirent leurs cheveux longs pour faire les cordes des arcs et des catapultes. Les riches offrirent leur argent et leur or, ainsi que tout ce qui avait de la valeur, à l'Etat, pour recruter des mercenaires. Avec les métaux tirés des bâtiments, des objets et outils divers, des armes furent forgées. Des réserves immenses de pierres furent élevées pour tirer depuis des frondes. Quelques navires furent reconstruits.

Puis Scipion Emilien revint avec des légions. Il mit le siège devant Carthage, fit construire des tours d'assaut et des armes de jet. Il donna l'assaut un jour, lorsque tout son dispositif fut prêt. Il parvint à prendre la première ligne de remparts sur les trois entourant la ville, en plusieurs jours de combat sans discontinuer. De là, il avait un accès direct au port de Carthage. Il mit plusieurs mois à le prendre, mais y parvint enfin. Depuis le palais des Barcides, le palais des rois de la famille Barca, Hamilcar, descendant de Hasdrubal, vit alors sa promesse impossible à réaliser : il avait promis, lorsque les Romains prirent le port, qu'il reviendrait en vainqueur dans la maison de l'armateur, la gigantesque maison circulaire située sur l'îlot artificiel du port. Or Scipion fit raser cette maison, pour pouvoir placer des catapultes. Dès qu'elles furent placées, une pluie de pierres s'abattit sur la ville de Carthage, pendant plusieurs jours.

Mais les Carthaginois ramassèrent les débris de leurs maisons détruites pour faire des projectiles pour les quelques catapultes récemment construites. Pendant quelques semaines, ce fut un bombardement continu de part et d'autre.

Malgré le siège, la ville ne manquait pas de nourriture. Les Romains mangèrent beaucoup moins que les Carthaginois, pendant ce siège.

Puis Scipion parvint à sortir du port. Il prit le troisième rempart. Depuis les deux murailles prises, les Romains couvrirent de projectiles la deuxième rangée, restée carthaginoise. Puis l'assaut fut donné. Tous les remparts furent désormais romains. Mais tout n'était pas pour autant fini. Les légionnaires sur les remparts étaient des cibles faciles pour les archers et les frondeurs dans la ville. Quelques hommes et femmes, à l'aide de bâtons et d'épées, empêchaient les Romains de descendre des remparts.

Puis Scipion parvint à forcer la défense ennemie, puis à poser le pied dans la ville. Le combat dura des mois. Il fallait prendre la ville quartier par quartier, maison par maison, pièce par pièce. Les chausses-trappes étaient nombreuses. Une sorte de résistance telle celle de 39-45 se créa dans la ville. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous combattaient, s'aidaient. Puis les légions mirent le feu à la ville. Les derniers défenseurs libérèrent alors chevaux et éléphants, qui déferlèrent dans toutes les rues de la cité, affolés et énervés par les flammes et les cris, piétinant tout. Les personnes n'ayant pas d'armes se jetèrent dans le brasier. Cela pendant que les légionnaires pillaient les maisons, au milieu des flammes et des combats. Quelques personnes furent faites prisonnières.

Les légions évacuèrent la ville et revinrent à leurs camps. Les Carthaginois tenant d'échapper aux flammes par la fuite furent abattus par les archers. Les navires et barques quittant le port furent tous coulés par les quinquérèmes romaines. Les prisonniers furent exécutés. Carthage brûla 17 jours. Lorsque le feu cessa, que la terre fut refroidie, les légionnaires retournèrent sur le site, et renversèrent tous les murs encore debout, afin que, de la cité, il ne reste pas pierre sur pierre. Lorsqu'un mur était abattu, les pierres étaient emportées et jetées à la mer, puis le sol était labouré. Du sel était alors semé, pour stériliser le sol à jamais. Rien ne devait plus jamais vivre sur le territoire de Carthage. Les milliers de manuscrits de la bibliothèque furent offert en cadeau à tous les peuples du désert par les Romains, qui n'aimaient pas encore la culture. Nombre de ces manuscrits furent dès lors perdus pour l'humanité. Certains furent recueillis dans la bibliothèque d'Alexandrie, brûlée par accident par César en 47.

Le butin prit dans la ville de Carthage fut réparti entre tous les légionnaires de l'armée de Scipion.

Scipion, par la suite, rasa la cité ibérique de Numance, après un long siège. Mais il était grand admirateur de l'art et de la Grèce. Caton l'Ancien le fit donc bannir de Rome.

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# Posté le vendredi 06 avril 2007 12:08